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La nécessité de les ordonner et de les classer se faisant de plus en plus
          pressante, vers la fin du siècle, Ulisse Aldrovandi (1522-1605), professeur à
          l’université de Bologne, a donc publié une œuvre monumentale en dix vo-
          lumes, où il proposait une classification des animaux, divisée en deux grandes
          sections, les animaux à sang rouge, et les autres. Une subdivision qui corres-
          pondait plus ou moins à celle d’Aristote, encore utilisée à cette époque.
             Les 16  et 17  siècles virent ensuite la parution d’autres œuvres mar-
                         ème
                  ème
          quantes, parmi lesquelles l’encyclopédie zoologique de Konrad von Ges-
          ner (1516-1565) et l’œuvre, scientifiquement moins probante, de J. John-
          son (1603-1675). Une contribution majeure de classification fut aussi celle
          de John Ray (1627-1705), qui, dans un ouvrage de 1693, établit un schéma
          de classification fondé sur des critères anatomiques plus clairs, et qui con-
          tribua à mieux définir la notion d’espèce, en introduisant le critère de des-
          cendance commune des individus d’une même espèce.
             Au 17  siècle, commencèrent à apparaître de nouvelles disciplines qui
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          diversifiaient utilement la zoologie, à savoir la microbiologie, l’embryolo-
          gie, et l’histologie. Leurs directions de recherche, renforcées par l’introduc-
          tion du microscope dans les études naturalistes, marquaient une autonomie
          justifiée par le travail fécond des grands pionniers scientifiques de cette
          époque. Parmi ceux-ci, on peut distinguer le médecin et naturaliste Mar-
          cello Malpighi (1628-1694), auquel on doit la naissance de l’anatomie mi-
          croscopique (avec la première étude anatomique complète d’un invertébré,
          le ver à soie), et on peut distinguer aussi Antony Van Leeuwenhoek (1632-
          1723), qui observa des micro-organismes dans des eaux stagnantes, notam-
          ment certains infusoires. On peut y ajouter aussi Francesco Redi (1626-
          1698), à qui l'on doit les premières expériences infirmant la génération
          spontanée des insectes.
             Pour homogénéiser ces diverses contributions, John Ray effectua une
          première  tentative  d’introduction  d’un  critère  naturel  de  classification,
          non pas uniquement fondé sur la seule forme extérieure des organismes
          mais aussi sur leur structure anatomique adaptée. Ce critère allait trouver
          un prolongement décisif avec Carl von Linné (1707-1778), qui dans son
          système, exposé dans une œuvre fondamentale dont la première édition
          remonte à 1736, regroupa les espèces semblables en genres, les genres
          semblables en classes, et les classes semblables en ordres.
             Prolongeant Bauhin, Linné étendait au monde animal une nomenclature
          binominale (comme en botanique), où chaque espèce était définie par un
          double nom latin, le premier terme indiquant le genre et le deuxième l’espèce.



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