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Notre potentiel d’impact sur les milieux planétaires (encore mal évalué,
          et par là souvent imprudent) s’est accentué dans des phases relativement
          courtes, si on les compare aux rythmes d’évolution des autres écosystèmes.

             Vers 1800, nous avons atteint le premier milliard d’êtres humains, et
          en l’an 2000 nous en avons recensé environ 6 milliards. Les petits centres
          urbains où les transports s’effectuaient par traction animale sont devenus
          d’immenses métropoles, avec des dizaines de millions de personnes vé-
          hiculées par des millions d’engins motorisés. Les grands systèmes de pro-
          duction et de distribution d’énergie et de biens produisent une grande
          quantité de déchets, qui ont bouleversé çà et là le territoire naturel, et
          qu'il faudra désormais bien recycler pour ne pas nous empoisonner.

             Mais en dépit du progrès extraordinaire de nos connaissances, con-
          cernant  la  réalité  physique,  chimique  et  biologique  observable,  nous
          avons encore une compréhension insuffisante des équilibres dynamiques
          des systèmes naturels, de leur évolution, et de leur capacité de réaction
          aux interventions humaines. En fait, nous vivons une période transitoire,
          où d’un côté, nous modifions de plus en plus de systèmes de notre bio-
          tope, par des interventions parfois lourdes, et d'un autre côté, en dépit
          des progrès de notre science, nous ignorons encore beaucoup de choses.
             Nous avons une difficulté à comprendre parfaitement la complexité
          interactive de cette nature, et donc aussi à gérer le système Terre que
          nous avons colonisé, parce que nous utilisons un appareil perceptif et
          cognitif biologique aux capacités magnifiques mais limitées (notre cer-
          veau). Nous l’avons déjà bien sur-programmé, par notre culture, mais les
          phénomènes, les événements, les autres êtres observés, l’objet et le sujet
          de l’observation, n’y sont pas encore reliés dans un tout assez cohérent,
          et nous ne pouvons en voir que certaines manifestations et apparences.
             Faute de mieux, notre science avance en analysant cette réalité appa-
          rente, en la classant en parties, en étudiant les éléments qui composent
          l’ensemble, ce qui nous aide à approfondir l’étude de nos interactions avec
          telle ou telle partie de notre environnement, en décryptant sa complexité.
          Mais pas toujours assez objectivement, puisque nos valeurs, nos idéologies,
          notre culture au sens large, influencent aussi notre capacité cognitive et
          d’analyse. Il faut être conscient de tous ces facteurs combinés, pour éviter
          d'entrer dans l'impasse d'une confiance excessive dans nos représentations
          culturelles du moment, tous super-animaux savants que nous soyons de-
          venus. Beaucoup de choses restent à mieux comprendre, et beaucoup d’in-
          formations ne sont pas encore accessibles.



          14                                        Eco-Savoirs pour tous    rev.1.4 fr        © LEAI         Marc CARL
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