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Les "pyramides alimentaires" permettent de situer les relations alimen-
               taires complexes entre les différentes espèces vivantes, etc. Au milieu des
               années 1930, Arthur Tansley introduit l’idée d’écosystème, affirmant que
               la notion la plus importante à considérer est l'entité d’un système (dans un
               sens proche de celui utilisé en physique), qui comprend non seulement
               l’ensemble des organismes, mais aussi l’ensemble des facteurs physiques
               qui forment ce que nous appelons un biome, avec notamment les facteurs
               d’habitat au sens large. Ces systèmes, appelés dès lors écosystèmes, présen-
               tent une grande diversité de types, de dimensions, et de comportements.
                 De leur côté, d’autres écologistes ont tenté de comprendre les flux éner-
               gétiques opérant entre les différents constituants d’un écosystème, et ils ont
               proposé des analyses éco-énergétiques des milieux. Le célèbre article de Ray-
               mond Lindemann de 1942 sur l’écologie du lac Cedar Bog, publié dans Eco-
               logy, illustre bien l’approche éco-énergétique du 20  siècle. Lindemann y
                                                         ème
               confirmait comment sa méthode d’analyse permettait d'apprécier scientifi-
               quement les processus biologiques naturels selon leurs interactions. Les bi-
               lans énergétiques des écosystèmes devinrent un sujet particulièrement ap-
               profondi par les frères Odum. À Eugene Odum, on doit la publication d’un
               traité d’écologie, publié pour la première fois en 1953, qui a longtemps cons-
               titué un point de repère notable pour la compréhension de la biosphère.

                 Cette voie étant balisée, au cours des dernières décennies du 20  siècle,
                                                                    ème
               le domaine d’analyse de l’écologie scientifique a pu s’organiser parallèlement,
               et parfois conjointement, avec celui de l’éco-humanisme, où une Maison hu-
               maine commune associe de manière complémentaire, et de plus en plus ef-
               ficacement, sa dimension environnementale et son organisation sociétale.
                 Dès lors, divers chercheurs ont multiplié les analyses et les études sur
               les fluctuations des populations, sur les modèles de leur distribution, sur
               l’évolution des systèmes naturels, sur les cycles des éléments fondamentaux
               (carbone, oxygène, azote, etc.), sans oublier la résistance des systèmes na-
               turels aux changements impulsés par l’intervention humaine (y compris par
               l’émission de radiations, la diffusion de substances polluantes, etc). D'autre
               part, l’utilisation des techniques modernes de détection à distance, fondées
               sur  l’emploi  de  satellites  artificiels,  a  permis  de  lancer  de  grands  pro-
               grammes de contrôle et de surveillance combinés des systèmes naturels de
               la planète, comme le Programme International Géosphère-Biosphère.
                 L’écologie a profité en outre des progrès de la génétique, de la biologie
               moléculaire, des sciences de l’évolution, et de la biologie de la conserva-
               tion, et elle a perfectionné d’autant mieux ses méthodes d’analyse.



               Marc CARL                    Eco-Savoirs pour tous    rev.1.4 fr         © LEAI      19
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